Le Rendez-vous de Strasbourg en 2000

mof_dorffer_richardCe 21e concours des Meilleurs ouvriers de France, qui pour la troisième fois se déroule en dehors de Paris, n’est pas totalement terminé. Deux épreuves -esthétique et coiffure- auxquelles participeront trois candidats alsaciens se déroulent en public ce samedi et ce dimanche. Mais d’ores et déjà l’Alsace, avec 32 lauréats, dont 27 dans le Bas-Rhin, n’a pas failli à sa réputation, la région ayant déjà atteint un score voisin (31 lauréats) par deux fois dans le passé, en 1958 et en 1965.

Reste à ces 32 nouveaux Meilleurs ouvriers de France alsaciens, mettant pleinement en valeur le travail manuel, à susciter des émules. C’est l’un des objectifs de cette exposition, qui pour la première fois se tient à Strasbourg . C’est l’une des raisons pour lesquelles la Région, sensible au problème d’orientation et d’apprentissage. Avec les autres collectivités territoriales, participé à la mise en place de cette importante manifestation, rassemblant l’ensemble des oeuvres des lauréats de l’an 2000. L’ensemble des médailles obtenues cette année sera remis en février prochain à Paris, à la Sorbonne, Le choix du lieu n’est pas innocent. »  On peut être bon dans de nombreuses activités autres que les disciplines académiques,,> disent volontiers les MOF.

Art des jardins : Roland Bazli (Bas-Rhin) Boulangerie : Richard Dorffer et Jean-Claude Jundt (Bas-Rhin) et jean-Claude Iltis (Haut-Rhin). Broderie couleurs : Véronique Wermuth (Haut-Rhin)
Carrelage : Philippe Balthazard (Haut-Rhin) et Yves Keringer (Bas-Rhin) Cuivre restauration : Philippe Jeco (Bas-Rhin)
Dorure sur bois : Pascal Meyer (Bas-Rhin) Equipement électrique : Xavier Remond (Bas-Rhin) Génie climatique : Charles Herrmann (Bas-Rhin) Maitre service de table : Michel Scheer (Haut-Rhin) Marqueterie : Michel Wagner (Bas-Rhin). Métallerie Alain Gradt, Jean-Pierre Mallerich et Olivier Ullmann, tous trois du Bas-Rhin
orgues : l’équipe de la manufacture strasbourgeoise Muhleisen : Patrick Armand, Hervé Benoit, David Bleuset, Christophe Eblin, Willy Hahn, jean Lindenlaub, Gaston Marx, Olivier de la Masselière, Hubert ; Neumann, André Schaerer, Georges Walther et Philippe Zussy Photographie: Denis Luttenbacher (Haut-Rhin) Serrurerie d’art : Philippe Durrhammer (Bas-Rhin), Tourneur sur bois : Bernard Willmann (Bas-Rhin) Verrerie-cristallerie : Jean-Claude Hertrich (Bas-Rhin)

Jusqu’au 26 novembre, exposition à Strasbourg des chefs-d’oeuvre réalisés dans le cadre du 21e concours des Meilleurs ouvriers de France. Parmi elles, les réalisations des 32 lauréats alsaciens déjà connus. Ils étaient 3 500 à tenter d’obtenir ce titre très envié de Meilleur ouvrier de France. Ils seront près de 350 à pouvoir l’arborer dès cette année. Mais pour que le travail, auquel en moyenne ils ont consacré chacun entre 600 et 1200 heures, ne sombre pas dans l’oubli, le comité des expositions du travail rassemble ces oeuvres pour les présenter au public. Avec l’aide de la région Alsace; du département du Bas-Rhin, de la ville et de la communauté urbaine de Strasbourg, ainsi que de deux organismes consulaires (chambre de métiers et chambre de commerce), ces réalisations seront visibles au palais des Congrès à partir de ce matin et jusqu’au 26 novembre.

On trouvera de tout dans cet immense hypermarché du savoir-faire, de l’objet 1e plus humble (un bouquet de fleurs) au bijou le plus prestigieux, en passant par la réalisation la plus domestique, comme ces installations de chauffage ou ces charpentes et couvertures de toit, toutes véritables oeuvres d’art et présentées comme telles. Mais derrière ces ‘réalisations’ belles à voir, se cache une minutie, un travail dont s’honorent tous ceux qui portent depuis 1924, date du premier concours, le titre de Meilleur ouvrier de France et qui sont près de 200 encore en activité en Alsace, dans des métiers différents.

Cet amour du travail bien fait, ils entendent bien le faire partager tout au long de cette exposition lors de dialogues avec les visiteurs attendus tendus, dont de nombreux jeunes, lycéens et collégiens, invités par le conseil: régional et le conseil général du Bas-Rhin à faire le déplacement à Strasbourg.

« Emulation »

« Le vedettariat est une recette qui a fait ses preuves dans le sport. En artisanat, c’est le même effet d’appel : Les Bocuse, Robuchon et autres Trois gros ont redoré le blason d’une profession jusque-là cantonnée à d’austères fourneaux. La valorisation des Meilleurs ouvriers de France et de leur travail suscite émulation et reconnaissance auprès des jeunes », dit Jean-Pierre Boisivon, le président du comité d’organisation des expositions du travail ; qui lors d’un passage à Strasbourg, fin octobre ; comparait les épreuves imposées aux candidats MOF à un « concours général pour les filières professionnelles ».

Annoncé pour l’inauguration prévue aujourd’hui en fin d’après midi ; le ministre de l’Education nationale jack Lang, l’un des -quatre ministres de tutelle dès Meilleurs ouvriers de France, avec celui du Travail, de l’Industrie et des PME, ne sera pas là, a-t-on appris hier. Mais son absence ne change en rien le message que cette, exposition veut faire entendre, « promouvoir et valoriser le travail manuel ».

Avec les oeuvres exposées, au palais des Congrès et sous le chapiteau voisin avec les 21 ateliers vivants proposant un aperçu de huit métiers de bouche et d’une douzaine d’autres – professions, comme par exemple les coiffeurs, avec deux ateliers du goût consacrés aux fromages, fêtant ainsi l’entrée cette année des, fromagers dans la grande famille des Meilleurs ouvriers de France, les dizaines de milliers de visiteurs attendus ne devraient pas être déçus.

Les MOF à Strasbourg : un succès inégalé

Avec près de 50 000 visiteurs, l’exposition des pièces des Meilleurs ouvriers dé France (MOF) à Strasbourg a comblé les organisateurs. Et lors du concours, l’Alsace a confirmé avec 33 lauréats sa place dans le travail de qualité. Le démontage des stands de l’exposition des Meilleurs ouvriers de France, qui s’est tenue du 16 au 26 novembre au palais des congrès de Strasbourg, a été achevé hier soir. Commencée hier, la réexpédition des quelque 2 000 pièces venues de toute la France et soumises aux jurys par les candidats au titre prestigieux de Meilleur Ouvrier de France, devrait durer encore une bonne semaine. Les jurys, eux ont siégé durant près de deux mois en Alsace. Ainsi s’achèveront pour la trentaine de bénévoles du comité local d’organisation deux mois de travail intensif. Fatigués, mais fiers, ils ont aux côtés de Jean Vincent, commissaire général du Bas-Rhin du comité d’organisation et de Pierre Stenger, commissaire général de l’exposition, contribué à la réussite d’une manifestation à la gloire du travail bien fait.

Soutenue financièrement par la Région Alsace, le Département du Bas-Rhin, la ville et la communauté urbaine de Strasbourg ainsi que par les deux organismes consulaires (Chambre de métiers et Chambre de commerce et d’industrie), la partie « exposition » de cette grande manifestation a, avec près de 50 000 entrées dont 24 750 payantes, dépassé les espoirs des organisateurs. « On n’a jamais vu cela de mémoire de meilleurs ouvriers de France », constate Jean Ferrier, secrétaire général du comité d’organisation des expositions du travail, qui pour la quatrième fois depuis la création du concours MOF en 1924 avait choisi pour cadre une ville de province, après Grenoble, Angers et Lille.

Près de 10 000 jeunes

II est vrai que près de 10 000 jeunes, collégiens et lycéens, ont été invités à venir, par le Conseil régional et le Conseil général du Bas-Rhin qui voyaient dans l’exposition une illustration de leur politique de soutien aux différents métiers. Quant au concours proprement dit, cette 2le édition d’une compétition où s’affrontent tous les trois ans plus de 3 000 personnes, s’est soldée par la réussite de 33 lauréats alsaciens, en grande majorité bas-rhinois et dont l’âge varie entre 27 et 53 ans. Un nombre qui, ajouté à celui des Meilleurs Ouvriers de France encore en exercice dans la région, a autorisé le président du Conseil régional d’Alsace. Adrien Zeller, à y voir «sans doute le plus grand nombre de MOF au kilomètre carré» de toute la France. Ce satisfecit serait dérisoire s’il ne s’accompagnait de réels efforts des collectivités locales alsaciennes pour soutenir les métiers de l’artisanat, auxquels s’apparentent la quasi-totalité des titulaires du titre de Meilleur Ouvrier de France. La qualité du travail mise à l’honneur durant une dizaine de jours ainsi que le nombre appréciable de lauréats alsaciens contribueront-ils à redonner le goût pour des métiers aujourd’hui dépréciés ? C’est tout le pari du soutien apporté par les pouvoirs publics à cette manifestation.

Jacqueline Perez

Source : DNA

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